La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’est progressivement imposée comme un cadre structurant pour de nombreux secteurs. Le numérique n’échappe pas à cette dynamique. Pourtant, lorsqu’il est question de RSE numérique, le débat se limite encore trop souvent aux aspects techniques : hébergement « vert », optimisation du poids des pages ou réduction de l’empreinte carbone des infrastructures.
Cette approche, bien que nécessaire, reste incomplète. Comme nous l’avons déjà montré à propos des mécanismes de consentement et de la fin annoncée des cookies tiers, notamment dans notre analyse sur la fin des cookies tiers en 2025, la responsabilité numérique ne peut se limiter aux seules infrastructures techniques. Le numérique est avant tout un espace de médiation, d’information et de relation avec les utilisateurs. À ce titre, les contenus produits, leur utilité réelle, leur accessibilité et la manière dont ils engagent l’utilisateur constituent un levier majeur – et encore sous-estimé – de la RSE numérique.
Cet article propose de replacer le contenu utile et l’engagement utilisateur au cœur d’une démarche de responsabilité numérique cohérente, mesurable et durable.
1. Comprendre la RSE numérique au-delà du discours technique
La RSE numérique désigne l’intégration des enjeux sociaux, environnementaux et éthiques dans la conception, la production et l’usage des services numériques. Les institutions publiques françaises et européennes insistent aujourd’hui sur plusieurs piliers :
- la réduction de l’empreinte environnementale du numérique,
- l’accessibilité et l’inclusion,
- la protection des données et des utilisateurs,
- la transparence des pratiques.
Dans les faits, la majorité des actions mises en avant se concentrent sur les aspects techniques : éco‑conception, performance, mutualisation des infrastructures. Ces dimensions sont essentielles, mais elles ne couvrent qu’une partie de l’impact réel du numérique.
Le contenu – textes, médias, parcours informationnels – constitue pourtant l’interface principale entre l’organisation et ses publics. Comme le rappelle l’ADEME dans son approche du numérique responsable, la réduction de l’impact du numérique passe aussi par une production de contenus sobres, utiles et réellement justifiés au regard des besoins des utilisateurs. À ce titre, il participe pleinement à la responsabilité ou à l’irresponsabilité d’un dispositif numérique.
2. Le contenu numérique : un angle mort de la RSE
2.1. Le coût invisible du contenu inutile
La surproduction de contenus numériques est devenue un phénomène structurel. Pages redondantes, articles sans valeur ajoutée, contenus purement opportunistes destinés à capter du trafic : ces pratiques ont un coût réel.
Ce coût est multiple :
- énergétique, par le stockage, la diffusion et la mise à jour de données inutiles ;
- cognitif, en saturant l’attention des utilisateurs ;
- informationnel, en diluant les contenus fiables et utiles dans un bruit constant.
Dans une logique de RSE numérique, produire du contenu sans utilité démontrable pose une question éthique : à quoi sert réellement ce que nous publions ?
2.2. Sobriété éditoriale et responsabilité
La sobriété éditoriale ne signifie pas produire moins par principe, mais produire mieux et plus justement. Elle repose sur des principes clairs :
- supprimer les contenus inutiles ou obsolètes,
- consolider l’information existante plutôt que la fragmenter,
- privilégier la clarté à la sur‑optimisation,
- assumer des contenus pérennes plutôt que des publications jetables.
Cette approche rejoint pleinement les objectifs de la RSE numérique : réduire l’impact tout en augmentant la valeur réelle pour l’utilisateur.
3. Engagement utilisateur : un indicateur RSE sous estimé
L’engagement utilisateur est souvent analysé uniquement sous l’angle marketing ou SEO. Pourtant, il constitue aussi un indicateur éthique.
Un utilisateur engagé est, le plus souvent, un utilisateur :
- qui comprend rapidement l’information,
- qui trouve ce qu’il cherche sans manipulation,
- qui n’est pas contraint par des parcours artificiels ou trompeurs.
À l’inverse, les pratiques de type dark patterns, telles que définies et analysées par la CNIL, la rétention forcée ou la sur‑sollicitation nuisent directement à la confiance et entrent en contradiction avec toute démarche de responsabilité numérique.
Accessibilité, lisibilité et inclusion
L’engagement passe également par la capacité de tous les publics à accéder au contenu :
- lisibilité des textes,
- structuration claire de l’information,
- respect des normes d’accessibilité,
- vocabulaire compréhensible.
Un contenu inaccessible ou volontairement complexe exclut de fait une partie des utilisateurs. Le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA), porté par l’État et détaillé dans le cadre officiel de l’accessibilité numérique, rappelle que l’accessibilité numérique constitue une exigence fondamentale pour garantir l’égalité d’accès aux services et contenus en ligne.
La RSE numérique impose donc de penser l’engagement comme une relation équilibrée, et non comme un simple indicateur de performance.
Audit éditorial & UX orienté RSE numérique
➡️ Vous souhaitez savoir si vos contenus numériques sont réellement utiles, accessibles et responsables4. Le contenu utile comme pilier de la RSE numérique
Un contenu utile peut se définir par des critères simples et vérifiables :
- il répond à une question réelle d’un public identifié,
- il s’appuie sur des sources fiables,
- il est compréhensible sans expertise préalable,
- il est maintenu et mis à jour,
- il ne cherche pas à tromper l’utilisateur ou les moteurs.
Contrairement à une idée répandue, contenu responsable et performance ne sont pas incompatibles. Le droit européen de la consommation encadre d’ailleurs strictement les pratiques commerciales trompeuses, y compris dans les interfaces numériques, comme le rappelle la Commission européenne dans son cadre relatif aux pratiques commerciales déloyales et trompeuses. Un contenu clair, structuré et honnête favorise naturellement :
- la confiance,
- la rétention,
- la recommandation,
- et, à terme, une performance durable.
5. Intégrer la RSE dans une stratégie de contenu : approche Web Gardeners
L’intégration de la RSE numérique dans une stratégie de contenu repose avant tout sur une méthodologie structurée, orientée vers l’utilité réelle, la clarté de l’information et le respect des utilisateurs.
Audit éditorial responsable
Avant toute production, un audit permet de :
- identifier les contenus inutiles ou redondants,
- clarifier les intentions de chaque page,
- aligner les contenus avec des besoins utilisateurs réels.
Production raisonnée
La création de contenu privilégie :
- des formats utiles et documentés,
- une fréquence maîtrisée,
- des contenus conçus pour durer.
Mesure orientée utilisateur
Au‑delà des indicateurs classiques, l’analyse porte sur :
- le temps de lecture réel,
- la compréhension des parcours,
- les retours utilisateurs,
- la capacité du contenu à répondre efficacement à une demande.
Conclusion
La RSE numérique ne se limite ni à l’infrastructure ni à la performance technique. Elle s’incarne aussi, et surtout, dans la manière dont une organisation informe, accompagne et respecte ses utilisateurs tout au long de leurs parcours numériques.
En replaçant le contenu utile, l’accessibilité et l’engagement utilisateur responsable au centre de la stratégie numérique, il devient possible de concilier responsabilité, efficacité et durabilité, sans opposer éthique et performance.
Cette approche suppose toutefois de dépasser le cadre théorique pour interroger concrètement les pratiques en place.
Passer de la réflexion à l’action
Évaluer la responsabilité de ses contenus numériques permet d’identifier les points de friction pour les utilisateurs, les contenus à faible valeur ajoutée et les axes d’amélioration en matière de clarté, d’accessibilité et de sobriété éditoriale.
RSE numérique : une cohérence qui s’étend jusqu’à l’infrastructure
La responsabilité numérique ne concerne pas uniquement les contenus et les interfaces. Elle implique également des choix d’infrastructure cohérents, notamment en matière d’hébergement, de maîtrise énergétique et de cadre réglementaire.
Dans cette logique, s’appuyer sur des hébergeurs européens disposant d’engagements environnementaux documentés participe à une démarche RSE numérique globale. Les engagements publiés par OVHcloud sur la conception de ses infrastructures, l’optimisation énergétique de ses data centers et la maîtrise de son empreinte environnementale constituent, à ce titre, un point de référence pertinent.
Consulter les engagements environnementaux d’OVHcloud




